Sur mon île

« Je viens d’être seule toute une journée. Seule, allongée sur la plage, le soir, sous les étoiles. J’ai préparé seule mon petit déjeuner. Seule encore, je suis allée jusqu’au bout de la jetée, où j’ai regardé les mouettes basculer, tournoyer et plonger à la recherche des miettes que je leur jetais. Une matinée de travail à mon bureau, puis j’ai pris un déjeuner tardif, seule sur la plage.

Ainsi séparée des êtres de mon espèce, je me sentais proche du reste de la création : de la timide symphémie qui derrière moi se nichait au creux d’un rocher déchiqueté par les marées ; de la maubèche qui devant moi marchait sans crainte à petit pas sur le bord luisant de la plage ; des pélicans qui battaient doucement des ailes au-dessus de ma tête, portés par le vent ; ou de la vieille mouette, tapie dans un coin, qui surveillait l’horizon. Je me sentais avec eux tous une sorte de parenté impersonnelle.

La beauté de la terre, de la mer et de l’air me touchait davantage ; je me sentais en harmonie avec elle, fondue, perdue dans l’univers, perdue comme dans le cantique qui monte d’une foule inconnue sous les voûtes d’une cathédrale.

Oui, dans ma solitude, je me sentais plus proche des hommes eux-mêmes. En effet, ce n’est pas la solitude physique, l’isolement physique qui vous sépare des autres, mais l’isolement spirituel. Une île déserte, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C’est dans les régions sauvages de l’esprit et dans les déserts du coeur que l’on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l’est également à autrui. Si l’on est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j’ai senti qu’un désert s’étendait entre moi et l’autre ! Lire la suite « Sur mon île »

Confession d’une conversion

La foi n’est pas une croyance, c’est une expérience.

Ce soir, il vient de m’annoncer qu’il me quitte. C’est fini. Oui. Fini. Trois mots qui mettent fin à une histoire de 20 ans. Je me suis mariée à 25 ans pour la vie, et j’ai construit toute ma vie sur mon couple et ma famille. C’était mon foyer, mon ancrage.

Alors, tout s’écroule. Ma vie, mon monde, mes croyances. Je sens le sol se dérober sous mes pieds, je suis perdue et anéantie comme si je venais de me prendre une batte de base ball sur le coin de la tête. Je n’ai rien vu venir ou je n’ai rien voulu voir venir. Il y a un divorce sur deux mais les statistiques ne m’intéressent pas tout comme les moyennes. Le divorce n’était pas pour moi. Je pensais faire partie de ces femmes que l’on ne quitte pas. Quelle arrogance !

Un tsunami.

Je suis au fond de mon lit et mes rendez-vous professionnels des semaines à venir s’annulent les uns après les autres. Comme une main invisible qui a pris les choses en main. Car je ne fais rien. Si, pleurer et me vider.

Pendant plusieurs semaines mon corps réagit violemment et réclame uniquement des compotes de pommes. Comme un pansement elles viennent tapisser un intérieur foudroyé. Sans doute un besoin d’avaler un peu de douceur pour apaiser.

Puis tout doucement quelque part en moi reprends le chemin de la vie…il y a mes 3 filles…et mon chien… et mes clients ! Alors chaque jour je me lève péniblement et je mets un pied devant l’autre, juste pour l’essentiel. Lire la suite « Confession d’une conversion »

Virée spirituelle

Les vacances approchent, et qu’allons-nous faire me demandent mes trois princesses. Les copines ont des projets de ski, de Thaïlande…Et moi des projets de monastère…A la campagne au milieu de nul part.

« Quoi !? Tu veux nous emmener dans ton monastère maman, mais tu es complètement folle, qu’est-ce que l’on va faire là-bas, il n’y a rien à faire. Et puis vis à vis des copines, ça craint, c’est nul !  »

J’éprouve un profond besoin de transmettre également à mes filles autre chose que les voyages du bout du monde, facebook, la télé, les sacs Vanessa Bruno…Internet…Consommer, dépenser.

Alors, je parie pour une aventure peu ordinaire dans un endroit pour moi extraordinaire car effectivement il n’y a rien à faire. Juste être.

Et toutes les quatre qu’allons-nous en faire ? Je n’en sais rien. Elles partent armées de coussins péteurs. Et l’ambition de semer le brin. Cela promet !

Peut-être un miracle, sans doute un mystère, nous nous sommes retrouvées à partager…Juste rien. Et pourtant tellement. Etre ensemble. Et semer des graines dans leur coeur de tout autre chose, de différent du quotidien. Lire la suite « Virée spirituelle »

Pour une liturgie de l’orgasme

C’est par un après-midi d’hiver gelé, que la mine triste et découragée, j’arrive au monastère pour me réfugier et me réchauffer.

Elle est là pour m’accueillir, ma Soeur, mon guide spirituel. Celle avec qui je partage, je me nourris, je m’enrichis. En tant que femme et dans la quête spirituelle qui est la mienne.

Et, sans détours, je démarre ainsi notre conversation :

« Ma chère Soeur, j’ai la fièvre dans tout le corps, pour ne pas dire le feu au cul ! 😉 C’est l’enfer, c’est vraiment dur…Comment fais-tu, toi ? »

En toute simplicité, et avec une infinie tendresse, elle partage avec moi son expérience de femme qui a fait le choix, un jour, de renoncer pour la vie à un amour charnel. De celle qui est également confrontée à cette solitude.

Nous parlons alors de l’extase mystique, de Sainte Thérèse d’Avila et d’autres… De la sexualité et du plaisir au coeur même de la spiritualité comme un chemin incarné au plus profond de la chair. Et cela est pour moi totalement nouveau. Une découverte d’ un sujet que je croyais tabou au sein de l’Eglise et dans l’éducation religieuse qui a été la mienne. Lire la suite « Pour une liturgie de l’orgasme »

Ourra

« Ourra, le chemin des premiers apôtres ».

J’y suis allée avec mes filles et leurs pieds en plomb car vous comprenez bien que d’aller voir un spectacle qui parle de Jésus, c’est totalement ringard quand on a 13 et 10 ans ! Et que finalement, me disent-elles, c’était bien mieux avant que je ne redevienne Chrétienne !

Et, ce soir là, en plus, je fais très fort, car je les embarque le ventre vide pour un spectacle à 20h30 qui va durer, ce que je ne sais pas, 2H30 !

Pour une nourriture, d’une autre saveur…L’histoire de vie des apôtres. Chantée, jouée et racontée par une troupe de 40 bénévoles, des amateurs entourés de professionnels. Des hommes et des femmes ordinaires qui ont réussi ensemble  à créer et vivre une aventure humaine extraordinaire, victimes aujourd’hui du succès de leur spectacle.

Animés par un enthousiasme dévorant, une énergie incroyable…beauté, espérance, culture, réflexion, chanson, amitié, amour, partage, joie…

Nous avons passé toutes les 4 une soirée peu commune nourries par une parole qui quels que soit les âges et les croyances de chacun est une source inépuisable pour cheminer.

A voir, pour petits et grands.

Un très beau spectacle qui fait du bien. MERCI. Lire la suite « Ourra »

Dire « oui » à la vie

Frederic lenoir_christele_perrot « On souhaiterait presque tous ne pas vieillir, ne jamais être malade, ne pas mourir. Certains rejettent leur culture, leur famille, leur lieu de naissance. Dautres naiment pas leur corps, leur tempérament, et souffrent de certaines limitations physiques ou psychiques. Ce refus est parfaitement compréhensible et légitime.

Et pourtant la sérénité, la paix intérieure, la joie ne peuvent nous échoir sans un acquiescement à l’être et une acceptation profonde de la vie telle quelle nous est donnée, avec sa part d’inéluctable. Ce « oui » à la vie ne signifie pas pour autant quil ne faille pas chercher à évoluer, à modifier ce qui peut l’être, à contourner des obstacles évitables.

On peut quitter un pays qui nous oppresse, séloigner dune famille mortifère, développer des qualités, transformer certains handicaps physiques ou blessures psychologiques pour en faire des atouts. Mais ces changements ne peuvent intervenir que sur ce qui est modifiable, et ils ne nous seront profitables que si nous les opérons sans rejet violent du donné initial de notre vie.

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Saint Amour

Paradis de marie_christele_perrot Cest un endroit paisible, calme, en plein milieu des vignes. Un endroit propice à l’intimité et à l’amour. Un petit paradis : le paradis de Marie à Saint Amour !

Et je choisis d’y terminer l’année comme un joli clin d’oeil à celle que je viens de vivre.

Alors qu’il y a un an, à la même époque, je naviguais en pleine tempête, arrimée aujourd’hui sur une autre rive je regarde cette année et réalise combien l’amour m’a aidée, accompagnée et guidée.

Comme un roc, un amour exigeant, inconditionnel « qui endure tout, supporte tout et ne passe jamais »(1 Co 13,7.8). Sans doute alors j’ai seulement pris la mesure de ces mots et de ce qu’ils signifient réellement.

Aimer c’est aujourd’hui pour moi respecter le chemin de chacun même si parfois c’est si douloureux et éloigné de mes propres représentations et de mes idéaux. Chacun a son chemin et son propre rythme. Insondable et unique.

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