L’art d’écouter les battements de coeur

C’est dimanche soir, 21h30, et j’ai envie de me retrouver seule, sous ma couette, dans le noir, à écouter la nuit et mon monde intérieur. Je me surprends alors à entendre les battements de mon coeur. De plus en plus fort. Il est là, et tranquillement, il bat. Alors je commence à penser à sa vie. Depuis 47 ans jour et nuit il ne s’est jamais arrêté. Et grâce à lui, je vis. Grâce à lui je viens aussi de passer un merveilleux week-end. Tout à l’heure je vais m’endormir et lui va continuer de veiller, de me veiller, de battre pour que je puisse fermer les yeux et me reposer. Ce que lui ne fait jamais. Puisque sans lui et son battement je ne serais pas.

Alors je me sens émue et je le remercie. Ce que je crois je n’avais jamais fait jusqu’à présent tant il faisait partie de moi, de ce à quoi je ne fais guère attention, de ce qui peut paraître si « normal » au point de l’oublier.

Peut-être est-ce livre qui a contribué à réveiller cette envie d’une écoute toute particulière de ce qui bat en moi. De ce qui bat en l’autre.

« L’art d’écouter les battements de coeur », de Jean-Philippe Sendker.

Une histoire d’amour merveilleuse, celle d’un petit garçon et d’une petite fille aux dons particuliers. Il a des yeux qui ne voient plus. Elle a des pieds qui ne marchent pas. Comment ces deux là vont-ils se rencontrer ? Ce roman me fait plonger dans le monde des saveurs, des odeurs, de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. De l’Amour. Entendre l’araignée tisser sa toile, le poussin cogner dans un oeuf niché au fond d’un nid perché, les battements de coeur de l’autre, là, en face de moi…sans doute ma quête lorsque je vais marcher quelque pas dans ce parc à côté de mon bureau, pour tenter d’entendre les battements du coeur de la nature même, au milieu de ma vie urbaine, principalement bétonnée et multi-connectée. Oui je ressens ce besoin de respirer et de me mettre à l’écoute de ce qui ne se voit pas. L’invisible. Entendre et écouter le chant du merle, le bruissement du vent dans les feuilles des arbres. Enrouler cet arbre bi-centenaire de mes bras pour sentir sa force et m’enraciner dans la mienne, caresser son écorce et sentir sous mes doigts sa peau craquelée me raconter ses tempêtes. Humer l’odeur du pin, l’humidité de la pluie. Me laisser pénétrer par la douce chaleur des rayons du soleil…

Pour tricoter ma vie, et aider les autres à tricoter la leur, avec ce qui se dit et se raconte dans ce monde, de l’invisible.

 

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