Se mettre au monde #1

Tout a changé et rien n’a changé. Tout était là… Depuis de nombreuses années. Ce qui a changé c’est sans doute ma façon de les habiter. Des frontières que j’ai enfin su laisser tomber. Pour être une et multiple, au monde.

16 mars 2018. Ce soir c’est le grand soir. Ce matin je me réveille d’un bond, comme rarement, le coeur en fête. Je suis toute excitée !

Ce soir j’ai rendez vous. Un rendez vous spécial. J’ai organisé une grande fête, dans un grand théâtre. Je sais qu’ils vont être nombreux… Des jeunes et des moins jeunes, des proches et des moins proches, amis, famille, clients, pas encore clients (et peut-être jamais clients après ce soir ?) …. Inconnus. Certains m’ont vu naitre d’autres sont arrivés plus récemment, un magnifique rassemblement de femmes et d’hommes qui marchent avec moi sur ce chemin de la Vie.

Ce soir j’ai organisé une grande fête dans un grand théâtre. Je vais mettre au monde un travail de 9 mois… Que dis-je, un travail de 17 ans ! Ou peut-être même de 48 ans !

Ce soir je vais me mettre au monde.

Dans un théâtre, à côté de la Place de la République à Paris, j’ai réservé une grande salle. Chez Apollon ! Dans la plus grande salle (Je suis folle ! ;-)) Les rideaux sont rouges les fauteuils sont rouge. Ma nouvelle robe, aussi.

Ce soir je célèbre ma vie. Je célèbre La Vie. Je suis toute excitée… Et j’ai peur…Et j’y vais ! Le coeur en fête ! Lire la suite « Se mettre au monde #1 »

Nourrir mon âme

« Après quelque temps,
Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.
Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…
Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.
Après un certain temps,
Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons… Lire la suite « Nourrir mon âme »

Repenser notre relation au monde

repenser notre relation au mondeLe temps des vacances d’été est pour moi le temps d’une coupure avec le monde extérieur. Qu’il soit professionnel, social et sociétal. Le temps d’un autre rythme destiné à nourrir la flamme intérieure. Pour moi, pour ceux que j’aime et pour notre monde qui a besoin de toutes nos lumières pour éclairer de nouvelles voies.

Alors, avant de me retirer je tiens  à partager avec vous cette fable pour accompagner votre été. Une invitation à revisiter notre relation au « monde » et peut être ainsi veiller à l’alimenter autrement.

C’est l’histoire d’un homme qui va trouver un sage pour apprendre auprès de lui.

  • Dites-moi, vous qui êtes sage, qu’est-ce qu’il y a dans votre esprit ?
  • Dans mon esprit, il y a deux chiens, un noir et un blanc. Le noir est le chien de la haine, de la colère et du pessimisme. Le blanc est celui de l’amour, de la générosité et de l’optimisme. Ils se battent tout le temps.

Le disciple est un peu surpris.

  • Deux chiens ? Qui se battent ?
  • Oui, pratiquement tout le temps.
  • Et lequel gagne ?
  • Celui que je nourris le plus.(1)

Oui il y a en chacun de nous ce chien noir et ce chien blanc qui se battent constamment, ou presque…et nous avons le choix de nourrir l’un ou l’autre et, à l’heure où notre monde politique et médiatique nourrit sans relâche et inlassablement le chien noir, je vous propose, je nous propose, de prendre le temps de cette trêve pour nourrir notre chien blanc, et participer ainsi à faire grandir notre humanité.

(1) Fable amérindienne extraite du livre « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » Raphaëlle Giordano – Editions Eyrolles

 

 

Eloge de la none tantrique

J’ai sept ans. Je suis en cours de gymnastique avec comme exercice du jour : grimper en haut d’une corde lisse. C’est bien difficile pour la petite fille que je suis. Jsex&sixty - éloge de la none tantriquee suis nulle en la matière et ce n’est vraiment pas mon truc. Je me revois, tant bien que mal, m’agripper et me hisser, pour atteindre ce sommet, lorsque je sens tout à coup dans mon bas ventre une douce chaleur qui m’envahit jusqu’à l’avènement d’une jouissance extrême.

Mais que m’arrive-t-il ? Comment je vais redescendre de là ? J’ai si peur d’être démasquée par mes petits camarades ou par la maîtresse, accrochée à cette corde ! Vous imaginez bien qu’à compter de ce jour, les cours de gymnastique et mes montées de corde prirent une autre dimension, et c’est en dansant que je m’y rendais !

Ainsi, c’est bien jeune que j’ai eu la chance de découvrir le désir/le plaisir au creux de ma chair, plaisir que j’ai su accueillir et qui ne devait plus me quitter… avec malgré tout, pendant un certain nombre d’années, une culpabilité nourrie et entretenue par les protagonistes de la religion catholique qui se chargeaient de mon éducation sexuelle sur le mode « ma fille tu seras vierge à ton mariage  » ! Lire la suite « Eloge de la none tantrique »

La rencontre de l’Autre

« Suite rétrospective année sabbatique 2013. Que fait-on d’une année sabbatique ? »

Derrières_les_apparences_sophie_LutzClasse de troisième j’ai 14 ans, et le projet de la classe est d’accompagner des enfants handicapés à Lourdes. Un bébé trisomique et un enfant devenu handicapé à la suite d’une mauvaise chute, avec leur maman qui sont là pour témoigner de ce qui se passe « derrière les apparences ». Ce voyage fut pour moi bouleversant, et en quittant Lourdes je me faisais une promesse, celle de revenir adulte servir les handicapés et les malades.

Je peux vous dire que cette promesse je l’ai bien enfouie, bien profondément même, destination les oubliettes. Mais  » elle »  ne m’a pas oubliée et « elle » s’est rappelée à moi bien des années plus tard. Sans doute alors, y avait-il une place dans ma vie pour lui permettre de rejaillir. Mais j’aurais pu tout simplement remettre un couvercle dessus et ne pas prendre au sérieux ce qu’une jeune fille de 14 ans s’était un jour promis. Malgré toutes mes résistances bien présentes,  j’ai choisi de l’honorer et je suis partie. J’ai signé pour cinq jours en blouse blanche auprès des malades et des handicapés en pèlerinage à Lourdes, ce lieu qui me semblait alors si « ringard » et « désuet ».

Je me suis ainsi retrouvée avec des personnes qui ne parlaient pas la même langue que moi. Et pour moi il y avait deux options possibles : je pouvais simplement prendre soin d’elles, c’est à dire les laver, les habiller, les nourrir, être là à côté ; et/ou je pouvais prendre soin d’elles et chercher aussi à les rencontrer en tant que personne. J’ai plongé et j’ai choisi de les rencontrer. Ce qui plus concrètement consistait à me dépouiller de mes codes habituels et de mes repères pour épouser les leurs et apprendre leur langage. C’était le seul moyen pour être en mesure de découvrir qui se cachait derrière les apparences, qui parfois, il faut bien le dire, me donnaient plutôt envie de m’enfuir.

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S’aimer pour de vrai

« Le jour où je me suis aimé pour de vrai, 
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
 j’étais à la bonne place, au bon moment.
 Et alors, j’ai pu me relaxer.

Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, 
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle 
n’étaient rien d’autre qu’un signal
 lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.

Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente 
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité. Lire la suite « S’aimer pour de vrai »

Les éléphants roses

C’est l’histoire d’une famille, d’une tribu.

Une tribu un peu spéciale, celle des éléphants roses.

2… 7… 14… 16…21… 37…54…74…

Imaginez un dortoir de lits superposés, dans un beau châlet en vieux bois couleur chocolat accroché à la montagne et enveloppé d’une épaisse couche de neige. Situé en contrebas d’une forêt, nous imaginons alors le loup roder, au point même d’entendre la neige crisser sous ses pas feutrés.

Il est encore tôt mais il fait déjà nuit noire car en ces jours d’hiver la nuit tombe vite. Nous sommes peu rassurés mais tout à coup nous l’entendons. Ses pas lourds font craquer les planches d’une échelle améliorée qui fait office d’escalier. Vite, vite, taisez-vous ! Il arrive ! Cachons nous !

Et nous glissons sous nos couvertures et nos édredons, tout excités.

Comme chaque soir, il démarre ainsi…il était une fois…l’histoire des éléphants roses…

Il est là, debout. Le silence est absolu. Une main dans la poche, l’autre caressant son large front dégarni puis sa barbe d’un jour grisonnante, il fait les cent pas. D’un pas tranquille et assuré. Au milieu de la pièce entre nos lits superposés.

Nous sommes tout ouïe et j’en ai des frissons. Lire la suite « Les éléphants roses »