Conversation avec les morts

Déjà petite fille je voulais voir les morts. Ceux de ma famille qui mourraient. Avant de les enterrer. Par curiosité ?

Le premier fut un arrière grand -père. Je garde une image de lui, morte. Finalement la même que lorsqu’il était vivant !

Bien des années plus tard l’une de mes grand-mère est morte. Je revois encore mes filles âgées de 6,6 et 4 ans se précipiter dans sa chambre, pour l’observer de près, morte, scruter son visage, toucher son corps froid, curieuse de découvrir pour la première fois à quoi peut bien ressembler un mort. Lui déposer un baiser d’adieu. Et repartir tout aussi gaiement à leurs jeux.

J’étais très triste. Elles me ramenaient à la vie. De cette grand-mère, grâce à laquelle j’avais découvert et appris à aimer la mort. Notamment dans les cimetières, lieux de promenades qui nous animaient.

J’aime passer du temps avec les morts. Ceux que je connais bien entendu ! Ceux qui sont encore là et plus là. En chair et en os devant moi. Prendre le temps de leur dire un dernier aurevoir. Grâce à ce temps je comprends, j’intègre, au moins mentalement, que c’est fini. Dernier corps à corps. Glacial celui-là. Lire la suite « Conversation avec les morts »

Hymne à l’Amour

« Ajouter de la vie aux jours lorsque l’on ne peut plus ajouter de jours à la vie ». Professeur Jean-Bernard – Cancérologue.

Nous sommes tous condamnés à mort. C’est une certitude et la seule sans doute que nous puissions avoir. La seule chose que nous ne savons pas c’est quand. Demain ? Peut-être…

Thaïs a 2 ans quand, elle, elle apprends qu’il lui reste seulement quelques mois à vivre…mais peut-être le sait-elle déjà. Elle est atteinte d’une maladie au nom barbare de « Leucodystrophie Métachromatique ». En d’autres termes, elle va progressivement perdre la marche, la parole, la vue, l’ouïe…puis mourir. Quand ? nul ne sait mais très bientôt.

Le jour même, Anne-Dauphine Julliand, sa maman, lui fait une promesse : « Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour ». Et Anne-Dauphine et Loïc, scellent un pacte, ensemble, pour ajouter de la vie aux jours de Thaïs alors qu’il n’est plus possible d’ajouter des jours à sa vie.

Un magnifique et bouleversant hymne à l’Amour et à la Vie qu’Anne-Dauphine partage en vérité et avec beaucoup d’humilité dans « DEUX PETITS PAS SUR LE SABLE MOUILLE ». Le témoignage d’une femme, d’une mère et d’une épouse qui traverse une tempête d’une violence effroyable sans jamais perdre de vue son essentiel : l’amour et la vie. Lire la suite « Hymne à l’Amour »

Adieu

Très vite, trop vite tu nous as quittés.

Au fin fond de la France, dans un coin paumé, tu nous as appelés, une dernière fois, à venir te saluer avant de t’en aller de l’autre côté. Un époux, un père, un grand-père, un ami, un frère, un oncle, un beau-frère…Je sentais que tu m’attendais à tes côtés…au milieu de tes bien aimés…une famille nombreuse dispersée et tant aimée.

Je te remercie de nous avoir ainsi conviés à laisser de côté nos activités, pour autour de toi, nous rassembler…et participer à ta dernière épopée. Pendant ces quelques 24 heures où nous avons pu te célébrer, te remercier. A l’image de ce que tu as toujours été, tu nous as, une fois de plus, invités à trinquer, chanter et aussi pleurer. Ton sens de l’accueil, ton ouverture, qui permettaient à chacun de se sentir aimé…Tu nous as appris ainsi à partager, profiter et fêter !

Et c’est avec beaucoup de convivialité et de dignité que nous avons pu nous embrasser et nous consoler pour un moment suspendu dans l’éternité.

Merci pour tant de générosité, et de la pièce d’à côté, viens nous réconforter.

Le chagrin

LeChagrin_christele_perrot Le chagrin.

Tapi au fond, tout au fond, il était là. Enfoui, profondément enfoui et enfermé derrière une porte blindée.

Car oui, il dérangeait, il ne pouvait se partager et personne n’avait envie d’en entendre parler.

De temps en temps ébranlé, mais jamais suffisamment pour enfin émerger, déborder.

Puis comme foudroyé, la porte fut fracassée et tel un volcan trop longtemps endormi, il s’est engouffré pour pouvoir déferler.

Alors comme un râle venu du plus profond de l’abîme, de violents sanglots trop longtemps étouffés, refoulés, se sont déchainés pour l’innonder, la submerger.

Soif d’exister, d’être écouté, dorloté…Ce chagrin qu’elle ne savait point nommer… Ce chagrin qui lave, putifie, régénère et qui n’en finit plus s’il n’est point exprimé.

A ce chagrin trop souvent oublié, renié. A tous ceux qui se sentent noyés, submergés, je dédie ce billet et ces quelques lignes qui m’ont permis de le nommer tandis que j’étais bouleversée :

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