Eloge de la none tantrique

J’ai sept ans. Je suis en cours de gymnastique avec comme exercice du jour : grimper en haut d’une corde lisse. C’est bien difficile pour la petite fille que je suis. Jsex&sixty - éloge de la none tantriquee suis nulle en la matière et ce n’est vraiment pas mon truc. Je me revois, tant bien que mal, m’agripper et me hisser, pour atteindre ce sommet, lorsque je sens tout à coup dans mon bas ventre une douce chaleur qui m’envahit jusqu’à l’avènement d’une jouissance extrême.

Mais que m’arrive-t-il ? Comment je vais redescendre de là ? J’ai si peur d’être démasquée par mes petits camarades ou par la maîtresse, accrochée à cette corde ! Vous imaginez bien qu’à compter de ce jour, les cours de gymnastique et mes montées de corde prirent une autre dimension, et c’est en dansant que je m’y rendais !

Ainsi, c’est bien jeune que j’ai eu la chance de découvrir le désir/le plaisir au creux de ma chair, plaisir que j’ai su accueillir et qui ne devait plus me quitter… avec malgré tout, pendant un certain nombre d’années, une culpabilité nourrie et entretenue par les protagonistes de la religion catholique qui se chargeaient de mon éducation sexuelle sur le mode « ma fille tu seras vierge à ton mariage  » ! Lire la suite « Eloge de la none tantrique »

Pour une liturgie de l’orgasme

C’est par un après-midi d’hiver gelé, que la mine triste et découragée, j’arrive au monastère pour me réfugier et me réchauffer.

Elle est là pour m’accueillir, ma Soeur, mon guide spirituel. Celle avec qui je partage, je me nourris, je m’enrichis. En tant que femme et dans la quête spirituelle qui est la mienne.

Et, sans détours, je démarre ainsi notre conversation :

« Ma chère Soeur, j’ai la fièvre dans tout le corps, pour ne pas dire le feu au cul ! 😉 C’est l’enfer, c’est vraiment dur…Comment fais-tu, toi ? »

En toute simplicité, et avec une infinie tendresse, elle partage avec moi son expérience de femme qui a fait le choix, un jour, de renoncer pour la vie à un amour charnel. De celle qui est également confrontée à cette solitude.

Nous parlons alors de l’extase mystique, de Sainte Thérèse d’Avila et d’autres… De la sexualité et du plaisir au coeur même de la spiritualité comme un chemin incarné au plus profond de la chair. Et cela est pour moi totalement nouveau. Une découverte d’ un sujet que je croyais tabou au sein de l’Eglise et dans l’éducation religieuse qui a été la mienne. Lire la suite « Pour une liturgie de l’orgasme »