Jour de la lune

Aujourd’hui c’est le jour de la lune « Lunae dies », lundi. Et un lundi très particulier d’ailleurs pour la lune. Regardez comme elle est sublime ! Et pourtant je n’ai pas réussi à aller l’admirer en ce jour d’éclipse lunaire totale, je n’arrive pas à me lever…comme tous les lundis, ou presque.

Le réveil indique 9h40. Allez, debout ! Depuis 7h15 je vagabonde dans mes pensées, depuis que son réveil a sonné. Celui de mon chéri qui depuis belle lurette est parti travailler, lui ! Je l’ai entendu se doucher se raser mais j’ai mis ma tête sous l’oreiller. J’ai continué à dormir sans dormir. Juste un sursaut pour l’embrasser avant qu’il ne parte. Et hop, me voilà à nouveau sous ma couette. Mélange de pensées entre celle qui voudrait bien me culpabiliser à rester ainsi somnoler. J’aime me laisser aller à rêver, la tête dans la lune. « Quand même quoi, C’est lundi ! Alors ô boulot ! » Sommes-nous vraiment fait pour travailler ? Lire la suite « Jour de la lune »

120 000

Cent vingt mille. C’est le nombre de vues de la conférence TEDx que j’ai délivré en janvier 2017 à Strasbourg. Ils étaient 500 à l’époque, devant moi.

Cent vingt mille. C’est aussi le montant que j’ai investi entre le moment où je suis tombée et le moment où je me suis retrouvée sur cette scène à partager mon témoignage (17 ans, sans compter le temps passé)

Cent vingt mille euros investi dans du capital « vivant ». En séance de psy sur des modes différents en fonction des années et de mes avancées. Coaching professionnel. Formations. Supervision. Il faut dire qu’il y avait du boulot ! Bien entendu tout cela non remboursé par la sécurité sociale. Un investissement. Un choix.

J’ai grandi avec comme modèle l’épargne destinée à acheter des biens immobiliers, la pierre « on ne perd jamais d’argent avec la pierre », valeur sûre, m’a-t-on raconté, en prévision de la retraite aussi.

J’avais la pierre. Il manquait l’âme pour l’habiter.

Alors j’ai finalement choisi d’investir dans un autre genre de capital. Le capital vivant. Moi. J’ai choisi d’investir dans ma relation avec ma vie, en priorité. Pour réussir à dérouler en moi ce chemin que certains nomment destin. Et répondre à cette question « qui suis-je » ?

Cent vingt mille vues. Cent vingt mille euros.

La question n’est pas le nombre en soi. Mais plutôt ce qu’il dit du message et de l’investissement réalisé pour parvenir un jour à porter une voix qui au delà de l’histoire personnelle délivre un message universel. Sans aucun doute cela se passe désormais au-delà de moi, et révèle la puissance du témoignage qui permet grâce à la rencontre, de transmettre à l’autre, un message, une clé, une main tendue pour aider chacun et chacune à continuer à marcher. À se mettre au monde. À vivre dans le monde et avec le monde. À trouver sa place.

Et vous ? Au regard de votre histoire personnelle que pourriez vous transmettre et partager avec le monde ? Lire la suite « 120 000 »

Dans le Huffpost « Comment remonter la pente ? »

Aujourd’hui dans le Huffpost, quelques clés que je partage avec vous en direct. Merci Adrien Amiot.

Après un burn out, comment remonter la pente

Le burn out est souvent l’expression d’un sur-engagement professionnel, il est donc important de consacrer plus de temps pour soi et ses proches.

L’artiste, en coulisse #1

De l’autre côté de la scène il y a les coulisses. De l’autre côté de la lumière il y a l’ombre…

Ce matin là, après trois mois d’infusion, je me mets à mon bureau … Pour écrire. Par où je commence ? Par le début…

Mars 2017, deux mois après le TEDx Alsace.
Je lance en l’air, l’air de rien : « Je vais faire un spectacle, je pourrai fêter mes 50 ans à l’Olympia ! » Rires. Haha ! Elle est bonne celle-là non ?!

« C’est pour rire mon chéri ». Mais lui me répond « Elle est géniale ton idée ! »
« Oui on verra dans quelques années… ! » Aussi vite dit aussi vite enterrée. Mais elle… ne m’a pas oubliée.

Et quelques semaines plus tard, journée avec des Conférenciers Professionnels, Marie-Claude me présente Mehdi, Théâtre Apollo. « Christèle, je te vois bien jouer là bas. Mehdi je te présente Christèle. Je vous laisse … »

« Mais qu’est ce qu’elle raconte ? Je ne lui ai rien dit ! Comment sait-elle ? » La surprise fait place au sourire …. à la Vie… à ce que j’appelle les clins d’œil de la Vie.

Mai 2017. Visite de l’Apollo Théâtre. Je choisis une salle. La plus grande. Plus de 300 personnes. Celle dans laquelle je me sens le mieux !

En sortant du théâtre, j’entends en moi « mais t’es folle ! »

Septembre 2017. Je viens de passer trois mois en mode « infusion ». Avec Rainer Maria Rilke « Lettres à un jeune poète» que je mâche sans relâche… Trois mois de rumination intérieure. Quelque chose se trame, un travail intérieur subtil. Je me sens telle une vache ! Quelque chose en moi qui fait des ronds et des ronds, des spirales et qui prend de la place… beaucoup de place… Alors qu’à l’extérieur il n’en n’est rien. Je ne fais rien, ou presque. Si, je rumine. Ou plutôt ça rumine en moi et je suis très occupée par cette rumination…Une véritable gestation.

La fin de l’été est là.
Le théâtre me propose de jouer. En novembre. Novembre ? Mon ventre se contracte d’un coup d’un seul. Novembre ? Pas possible ?! Je ne serai jamais prête !
Ce sera mars et le 16 mars. Ouf ! Je me sens mieux.
Allez au boulot ! Lire la suite « L’artiste, en coulisse #1 »

Se mettre au monde #1

Tout a changé et rien n’a changé. Tout était là… Depuis de nombreuses années. Ce qui a changé c’est sans doute ma façon de les habiter. Des frontières que j’ai enfin su laisser tomber. Pour être une et multiple, au monde.

16 mars 2018. Ce soir c’est le grand soir. Ce matin je me réveille d’un bond, comme rarement, le coeur en fête. Je suis toute excitée !

Ce soir j’ai rendez vous. Un rendez vous spécial. J’ai organisé une grande fête, dans un grand théâtre. Je sais qu’ils vont être nombreux… Des jeunes et des moins jeunes, des proches et des moins proches, amis, famille, clients, pas encore clients (et peut-être jamais clients après ce soir ?) …. Inconnus. Certains m’ont vu naitre d’autres sont arrivés plus récemment, un magnifique rassemblement de femmes et d’hommes qui marchent avec moi sur ce chemin de la Vie.

Ce soir j’ai organisé une grande fête dans un grand théâtre. Je vais mettre au monde un travail de 9 mois… Que dis-je, un travail de 17 ans ! Ou peut-être même de 48 ans !

Ce soir je vais me mettre au monde.

Dans un théâtre, à côté de la Place de la République à Paris, j’ai réservé une grande salle. Chez Apollon ! Dans la plus grande salle (Je suis folle ! ;-)) Les rideaux sont rouges les fauteuils sont rouge. Ma nouvelle robe, aussi.

Ce soir je célèbre ma vie. Je célèbre La Vie. Je suis toute excitée… Et j’ai peur…Et j’y vais ! Le coeur en fête ! Lire la suite « Se mettre au monde #1 »

Changer de regard

Gare du Nord, je la raccompagne pour prendre son Thalys. Ma grande fille chérie. Nous profitons de nos dernières minutes avant de nous séparer pour retourner chacune à nos quotidiens éloignés.

Et lui là, il arrive, l’air de rien, le clochard. Et lui là, il vient me déranger, nous déranger avec son odeur puante, ses yeux vitreux et ses quelques mots qu’il peine à cracher tant il est dans un état d’ébriété … Pour nous demander ?… Je ne lui en laisse même pas le temps, tant mon corps hurle silencieusement « fiche le camp, laisse nous ! »

Je ne veux pas le voir ! Trop tard… Je ne veux pas l’entendre ! Trop tard… Je ne veux pas le sentir, trop tard aussi ! Il est bien là !…Mais rapidement il s’éloigne claudiquant… ouf ! 

Je n’en peux plus d’entendre leurs demandes et leurs plaintes quotidiennes, pas vous ? Les familles syriennes avec leurs cris et leurs pancartes, les musiciens qui s’improvisent et me cassent les oreilles, les conteurs de vies abîmées en désespérance… Taisez vous ! Laissez moi tranquille dans le confort de mes pensées avec mon silence, mes mots, le bien le beau le bon dont je cherche à nourrir chacun de mes jours. Allez travailler au lieu de quémander et cessez de me polluer ! Là maintenant, je veux juste profiter de ces dernières minutes avec ma fille, il n’est pas question de laisser quiconque me les voler !

J’entends alors la voix tendre et tranquille de ma chérie « Maman, je comprends que tu en aies marre, mais tu n’as pas le droit d’agir ainsi. Tu n’as pas le droit de l’ignorer. L’indifférence c’est la pire des choses. Il a besoin de se sentir exister, comme chacun d’entre nous, tu n’as pas le droit de le nier. Et tu ne peux pas lui reprocher tous les autres. Lui, tous les autres, il n’y peut rien.  Il est juste là avec sa vie compliquée avec laquelle il fait comme il peut et dont tu ne sais rien. Il demande juste de l’aide et tu n’es pas obligée de lui en donner. Mais juste au moins un regard… » 

J’ai senti comme une douce claque me caresser le visage… J’ai fait gloups… 

Depuis, ses mots m’accompagnent chaque fois que je les rencontre, les boiteux de la vie, ceux qui cherchent malgré tout une issue pour continuer à rester debout. Et je prête désormais attention à accepter de me laisser déranger dans ma vie confortable et aseptisée, le temps d’un regard, voire d’un sourire et parfois même d’une main tendue. Me laisser toucher par le beau le bien le bon en chacun d’eux, autant que possible, dans l’invisible aussi, le temps d’un regard. 

Pour accueillir leur humanité, juste la re-connaître, j’ai changé mon regard. Et ainsi me rappeler, que nous sommes égaux dans ce qui fait notre humanité, la fragilité. Inégaux dans nos capacités à trouver des ressorts pour nous relever de nos chutes, de nos traversées, plus ou moins douloureuses, plus ou moins nombreuses. Me rappeler enfin, que la vie ne tient qu’à un fil, parfois le fil d’un regard qui peut porter ou enfoncer. Et que je veux être de celles qui porte sur l’Autre ce regard qui aide à tenir debout.

Merci à toi, ma grande chérie, qui m’aide à garder l’oeil ouvert et le coeur tendre.

Merci à toi, l’Etranger qui vient me bousculer, ton cri vers moi m’aide à faire grandir mon humanité.

 

Photo Carnets de Pierre Deruelle 2014 « Clochard »

Quand la mort l’emporte

Sans crier gare sans dire aurevoir, elle est partie. Elle a quitté la vie elle a choisi la mort et pourtant … Elle avait des amis, elle était maman, elle était jeune, belle, rayonnante, elle aimait la vie. Et pourtant… la veille de la rentrée elle a choisi de nous planter.

Sans crier gare sans dire aurevoir elle a choisi la mort.

De celle qui tue, là, sans détours et sans retour… et qui nous laisse avec notre tristesse et notre colère…de ne pas avoir su entendre le râle de la plainte qui peu à peu étouffe, de ne pas avoir vu venir le venin de la mort peu à peu l’envahir… au point de l’emporter.

La veille de la rentrée elle s’est suicidée. Avec son franc-parler auquel nous étions habitués, cette fois-ci elle a dit « fuck » à la vie, ses ennuis, ses ennemis, ses soucis. Après avoir tant hurlé, c’est en silence avec un bras d’honneur qu’elle s’en est allée pour s’abîmer. Pour la vie.

Alors qu’elle nous donnait à voir sa lumière…c’est la nuit qui peu à peu l’emportait… éprouvée dans des combats qui l’ont menée vers le trépas. Mais nous, on la croyait, on la voyait forte et pleine  de vie ! Et pourtant…peu à peu elle s’enfonçait dans les ténèbres d’une mort assurée qu’elle a fini de choisir par épouser, à défaut de réussir parmi nous à exister.

Alors elle nous ramène elle nous rappelle les limites de notre humanité, la fragilité de nos âmes  souvent blessées qui ont besoin d’être aimées entourées choyées. De ces âmes que l’on croit fortes que l’on voit lumineuses, et pourtant ….Cela ne dure qu’un temps. Derrière la lumière rayonnante se cache souvent l’ombre menaçante. Celle qui fait peur et que l’on préfère taire. Car elle fait braire !

Que ta lumière continue à briller en nos cœurs endeuillés. Et que ta mort nous rappelle combien en nous, nous avons à nourrir le bon le beau le bien et la lumière. Pour éviter de donner à la mort le loisir de nous envahir au gré des tempêtes de nos vies …. Tapis dans l’ombre tu nous montres une fois encore qu’elle sait retentir sans prévenir. À nous de veiller pour rester animés.

Que ta lumière continue à éclairer nos vies … Que ta lumière continue à éclairer nos nuits.

 « Si j’ai occupé dans ta vie une place lumineuse, le sens de l’aventure est désormais de la remplir toi-même : sois ce qu’en moi tu as aimé, garde vivant ce que nous avons frôlé ensemble de plus haut ». Auteur inconnu.
Photo FesesiFeneni