Comment renaître après un burn out ?

C’était sur Radio Notre Dame au micro de Sophie Nouaille, dans l’émission « En Quête de Sens » accompagnée de Marie Pezé, Docteur en Psychologie, psychanalyste, expert auprès de la Cour d’Appel de Versailles qui a créé la première consultation « Souffrance et travail en 1997 au Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre.  http://www.souffrance-et-travail.com. Auteur de l’ouvrage : « Le Burnout pour les nuls » publié aux Editions First, sept 2017.

Pour écouter l’émission c’est ICI http://bit.ly/2FBoNHG

Réussir son BORN OUT au Théâtre Apollo !

Après le burn out, le bore out, le brown out…

Et si 2018 était l’année du….BORN OUT !

Je vous propose de venir partager un moment d’humanité au théâtre le vendredi 16 Mars 20 heures !

Billets en vente ici – Attention places limitées représentation publique unique.

 

Nourrir mon âme

« Après quelque temps,
Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.
Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…
Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.
Après un certain temps,
Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons… Lire la suite « Nourrir mon âme »

Changer de regard

Gare du Nord, je la raccompagne pour prendre son Thalys. Ma grande fille chérie. Nous profitons de nos dernières minutes avant de nous séparer pour retourner chacune à nos quotidiens éloignés.

Et lui là, il arrive, l’air de rien, le clochard. Et lui là, il vient me déranger, nous déranger avec son odeur puante, ses yeux vitreux et ses quelques mots qu’il peine à cracher tant il est dans un état d’ébriété … Pour nous demander ?… Je ne lui en laisse même pas le temps, tant mon corps hurle silencieusement « fiche le camp, laisse nous ! »

Je ne veux pas le voir ! Trop tard… Je ne veux pas l’entendre ! Trop tard… Je ne veux pas le sentir, trop tard aussi ! Il est bien là !…Mais rapidement il s’éloigne claudiquant… ouf ! 

Je n’en peux plus d’entendre leurs demandes et leurs plaintes quotidiennes, pas vous ? Les familles syriennes avec leurs cris et leurs pancartes, les musiciens qui s’improvisent et me cassent les oreilles, les conteurs de vies abîmées en désespérance… Taisez vous ! Laissez moi tranquille dans le confort de mes pensées avec mon silence, mes mots, le bien le beau le bon dont je cherche à nourrir chacun de mes jours. Allez travailler au lieu de quémander et cessez de me polluer ! Là maintenant, je veux juste profiter de ces dernières minutes avec ma fille, il n’est pas question de laisser quiconque me les voler !

J’entends alors la voix tendre et tranquille de ma chérie « Maman, je comprends que tu en aies marre, mais tu n’as pas le droit d’agir ainsi. Tu n’as pas le droit de l’ignorer. L’indifférence c’est la pire des choses. Il a besoin de se sentir exister, comme chacun d’entre nous, tu n’as pas le droit de le nier. Et tu ne peux pas lui reprocher tous les autres. Lui, tous les autres, il n’y peut rien.  Il est juste là avec sa vie compliquée avec laquelle il fait comme il peut et dont tu ne sais rien. Il demande juste de l’aide et tu n’es pas obligée de lui en donner. Mais juste au moins un regard… » 

J’ai senti comme une douce claque me caresser le visage… J’ai fait gloups… 

Depuis, ses mots m’accompagnent chaque fois que je les rencontre, les boiteux de la vie, ceux qui cherchent malgré tout une issue pour continuer à rester debout. Et je prête désormais attention à accepter de me laisser déranger dans ma vie confortable et aseptisée, le temps d’un regard, voire d’un sourire et parfois même d’une main tendue. Me laisser toucher par le beau le bien le bon en chacun d’eux, autant que possible, dans l’invisible aussi, le temps d’un regard. 

Pour accueillir leur humanité, juste la re-connaître, j’ai changé mon regard. Et ainsi me rappeler, que nous sommes égaux dans ce qui fait notre humanité, la fragilité. Inégaux dans nos capacités à trouver des ressorts pour nous relever de nos chutes, de nos traversées, plus ou moins douloureuses, plus ou moins nombreuses. Me rappeler enfin, que la vie ne tient qu’à un fil, parfois le fil d’un regard qui peut porter ou enfoncer. Et que je veux être de celles qui porte sur l’Autre ce regard qui aide à tenir debout.

Merci à toi, ma grande chérie, qui m’aide à garder l’oeil ouvert et le coeur tendre.

Merci à toi, l’Etranger qui vient me bousculer, ton cri vers moi m’aide à faire grandir mon humanité.

 

Photo Carnets de Pierre Deruelle 2014 « Clochard »

Quand la mort l’emporte

Sans crier gare sans dire aurevoir, elle est partie. Elle a quitté la vie elle a choisi la mort et pourtant … Elle avait des amis, elle était maman, elle était jeune, belle, rayonnante, elle aimait la vie. Et pourtant… la veille de la rentrée elle a choisi de nous planter.

Sans crier gare sans dire aurevoir elle a choisi la mort.

De celle qui tue, là, sans détours et sans retour… et qui nous laisse avec notre tristesse et notre colère…de ne pas avoir su entendre le râle de la plainte qui peu à peu étouffe, de ne pas avoir vu venir le venin de la mort peu à peu l’envahir… au point de l’emporter.

La veille de la rentrée elle s’est suicidée. Avec son franc-parler auquel nous étions habitués, cette fois-ci elle a dit « fuck » à la vie, ses ennuis, ses ennemis, ses soucis. Après avoir tant hurlé, c’est en silence avec un bras d’honneur qu’elle s’en est allée pour s’abîmer. Pour la vie.

Alors qu’elle nous donnait à voir sa lumière…c’est la nuit qui peu à peu l’emportait… éprouvée dans des combats qui l’ont menée vers le trépas. Mais nous, on la croyait, on la voyait forte et pleine  de vie ! Et pourtant…peu à peu elle s’enfonçait dans les ténèbres d’une mort assurée qu’elle a fini de choisir par épouser, à défaut de réussir parmi nous à exister.

Alors elle nous ramène elle nous rappelle les limites de notre humanité, la fragilité de nos âmes  souvent blessées qui ont besoin d’être aimées entourées choyées. De ces âmes que l’on croit fortes que l’on voit lumineuses, et pourtant ….Cela ne dure qu’un temps. Derrière la lumière rayonnante se cache souvent l’ombre menaçante. Celle qui fait peur et que l’on préfère taire. Car elle fait braire !

Que ta lumière continue à briller en nos cœurs endeuillés. Et que ta mort nous rappelle combien en nous, nous avons à nourrir le bon le beau le bien et la lumière. Pour éviter de donner à la mort le loisir de nous envahir au gré des tempêtes de nos vies …. Tapis dans l’ombre tu nous montres une fois encore qu’elle sait retentir sans prévenir. À nous de veiller pour rester animés.

Que ta lumière continue à éclairer nos vies … Que ta lumière continue à éclairer nos nuits.

 « Si j’ai occupé dans ta vie une place lumineuse, le sens de l’aventure est désormais de la remplir toi-même : sois ce qu’en moi tu as aimé, garde vivant ce que nous avons frôlé ensemble de plus haut ». Auteur inconnu.
Photo FesesiFeneni