S’aimer pour de vrai

« Le jour où je me suis aimé pour de vrai, 
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
 j’étais à la bonne place, au bon moment.
 Et alors, j’ai pu me relaxer.

Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, 
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle 
n’étaient rien d’autre qu’un signal
 lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.

Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente 
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité. Lire la suite S’aimer pour de vrai

Légèreté

L’avion va décoller. C’est le moment que je préfère quand j’entends les moteurs vrombirent et que me voilà collée au dos du siège prête à m’envoler !

Elle est assise à côté de moi, l’avion a désormais atteint sa vitesse de croisière, et elle sort de son sac à main son vernis à ongles. Je souris, car je viens de faire les miens, dans le taxi d’Abdel coincée derrière un camion de poubelles, la main droite, et puis trop vite il a redémarré alors j’ai du attendre la salle d’embarquement pour la main gauche, déhanchée sur le coin d’un comptoir.

Cela sent fort mais je viens de faire subir le même sort à Abdel alors je suis très compréhensive. En la regardant peindre délicatement chacun de ses doigts, je me dis que j’aurais du attendre, comme elle, l’avion, cela m’aurait évité d’abîmer le mien qui n’a pas eu le temps de bien sécher…mais une fois de plus j’ai été trop pressée !

Le mien est rouge, un beau rouge éclatant que je viens d’acheter…le sien est bleu nuit satin et c’est drôlement joli ! Elle a terminé et je lui demande de me montrer. Je la félicite, c’est canon, et c’est décidé je viens de trouver la prochaine couleur qui viendra compléter ma palette. A côté, lui, son amoureux nous épie d’un air qui me semble peut-être amusé. Ou peut-être est-il simplement en train de nous envier ? Qu’il aimerait bien lui aussi se colorier !? 😉 Lire la suite Légèreté

Nouveau-né

Mes trois filles sont nées par césarienne au terme de 8 mois et demi. J’ai toujours entendu dire qu’après deux césariennes, pour le suivant il en était de même.

Cette fois-ci, celui-ci est arrivé au terme de 8 mois et demi, pareil, mais en douceur et par voies naturelles ! Quel bonheur de ne pas me sentir découpée et de pouvoir continuer à marcher en toute liberté ! 🙂

Heureusement il fait ses nuits, pas de bruit, et point de cri. Il est à ce jour un manuscrit, et c’est en mon sein que je ressens encore le besoin de le cocooner pour peut-être encore le fignoler, avant de le laisser s’envoler. A quelques intimes, j’ai tout de même choisi de le présenter, pour un peu partager ma joie d’avoir accouché de ce beau bébé, tandis que cela faisait déjà plusieurs mois qu’ils m’accompagnaient de leurs pensées.

Intéressant de constater qu’au cours de cette gestation que je pourrai aussi nommer grossesse, j’ai vu mon corps se transformer. Mon ventre s’arrondir et mes seins s’alourdir. Tout comme les autres je me suis sentie affamée de sucré et rien ne pouvait me faire reculer. J’ai même troqué la course à pied contre la marche à pied et j’ai aimé me laisser flotter dans quelques robes bien aérées !

Et puis, à peine accouchée, j’ai dégonflé. Tout perdu. Ravie de retrouver quelques jeans bien moulés. Coupé mes cheveux. Et opéré le grand ménage de celle qui avait besoin de propreté. D’accord ce coup-ci je ne suis pas raccommodée mais tout de même je vais devoir me remuscler. J’ai repris la course à pied, quelques abdos et le tour sera joué !

Désormais allégée, je me sens prête à accompagner mon nouveau-né vers sa destinée, et compter sur moi pour célébrer dès qu’il sera publié !

Faire le ménage

Ce week-end c’est décidé, je fais le grand ménage !

J’ai eu le malheur, en allant embrasser mes filles un soir, de regarder sous les lits. Et mon Dieu, qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir des vieilles culottes toutes déglinguées, des chaussettes trouées toutes décolorées…et des moutons de poussières confortablement installés dans chaque recoin. Quelle horreur ! J’ai pris peur, et après une opération poubelle déclarée de toute urgence, j’ai décidé que j’allais persévérer !

Des piles de ça de là, à classer. Des vieilleries, à jeter. Des poubelles, à sortir. Trop de choses encombrent ma maison. Elle est propre, oui, comme ça en apparence, de loin et sans lunettes, mais dans le fond, si je commence à y regarder de près, je me sens asphyxiée ! Avec le besoin d’aller dénicher quelques toiles d’araignées, de la cave au grenier, dans chaque pièce, pour enfin me sentir allégée !

Car, oui, j’ai oublié de préciser, que je n’ai plus de femme de ménage. Certes cela me permet de mettre cet argent ailleurs mais ce n’est pas la vraie raison. Un jour ma femme de ménage est tombée malade alors j’ai pris le relais. Au départ pour quelques temps. Et puis les mois sont passés et elle n’est jamais revenue…Et moi, j’ai commencé à apprécier. Oui oui c’est possible, alors que cela me semblait impossible ! Lire la suite Faire le ménage

Sur mon île

« Je viens d’être seule toute une journée. Seule, allongée sur la plage, le soir, sous les étoiles. J’ai préparé seule mon petit déjeuner. Seule encore, je suis allée jusqu’au bout de la jetée, où j’ai regardé les mouettes basculer, tournoyer et plonger à la recherche des miettes que je leur jetais. Une matinée de travail à mon bureau, puis j’ai pris un déjeuner tardif, seule sur la plage.

Ainsi séparée des êtres de mon espèce, je me sentais proche du reste de la création : de la timide symphémie qui derrière moi se nichait au creux d’un rocher déchiqueté par les marées ; de la maubèche qui devant moi marchait sans crainte à petit pas sur le bord luisant de la plage ; des pélicans qui battaient doucement des ailes au-dessus de ma tête, portés par le vent ; ou de la vieille mouette, tapie dans un coin, qui surveillait l’horizon. Je me sentais avec eux tous une sorte de parenté impersonnelle.

La beauté de la terre, de la mer et de l’air me touchait davantage ; je me sentais en harmonie avec elle, fondue, perdue dans l’univers, perdue comme dans le cantique qui monte d’une foule inconnue sous les voûtes d’une cathédrale.

Oui, dans ma solitude, je me sentais plus proche des hommes eux-mêmes. En effet, ce n’est pas la solitude physique, l’isolement physique qui vous sépare des autres, mais l’isolement spirituel. Une île déserte, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C’est dans les régions sauvages de l’esprit et dans les déserts du coeur que l’on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l’est également à autrui. Si l’on est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j’ai senti qu’un désert s’étendait entre moi et l’autre ! Lire la suite Sur mon île

La nuit

Nos chérubins sont à peine nés que la première question qui se pose assez vite consiste à se demander combien de temps ils vont mettre à « faire leurs nuits ».

N’est-ce pas un sujet récurrent qui vient alimenter les conversations après le poids et la taille ? Comme un concours à celui qui fera ses nuits le plus vite possible, pour enfin laisser papa et maman dormir.

Comme une injonction depuis que nous sommes nés, nous devons « faire nos nuits » ! Et ne pas dormir la nuit n’est pas normal. D’ailleurs il n’y a qu’à considérer le pourcentage de la population française qui consomme des somnifères pour achever de s’en convaincre. Lorsque vous voyez votre généraliste, et que vous lui parlez de votre difficulté à dormir, que vous dit-il ? Après 4 ou 5 questions ou peut-être 6, il vous prescrit selon les cas, anxiolytiques et/ou somnifères…voire anti-dépresseurs. Et avec ce cocktail Molotov, bien assommé, vous allez enfin pouvoir dormir !

Il y a maintenant 10 ans, j’ai été malade et j’ai perdu le sommeil. J’ai passé des nuits à pleurer de ne pas réussir à dormir. A être épuisée de ne pas trouver mon sommeil. J’ai eu droit aussi aux anxiolytiques, aux somnifères et aux anti-dépresseurs et j’ai ô combien remercié la science pour l’aide qu’ils m’ont apportée. Et sans doute étaient-ils nécessaires. Puis grâce à la thérapie, j’ai pu arrêter les médicaments. Mais alors j’avais peur, peur de lâcher mes béquilles pour marcher toute seule. Lire la suite La nuit

La femme voilée

Avec force et volonté, il a érigé de ses bras musclés les mûrs de son palais. Dressés tel des remparts, rien n’est laissé au hasard. Rien ne peut pénétrer ou filtrer. Tout est bien pensé, cloisonné, verrouillé, et parfois même, fermé à clé.

Seul l’appel à la prière transporté par les vents peut traverser. C’est ainsi seulement que de l’intérieur elle peut se relier.

Ce labyrinthe elle a su l’apprivoiser pour mieux l’habiter. Un jardin au centre de cette tour carrée, elle a planté. Semer, bêcher, désherber, arroser, telle est sa destinée. Prendre soin de sa terre. Celle sur laquelle elle est enracinée. Celle qu’elle a pour mission de faire fructifier.

Elle sait aussi rire et pleurer. Danser et chanter. Cuisiner. Laver. Trier et jeter. Embrasser et caresser. Aimer. Méditer et prier.

Nulle fenêtre pour regarder, pour s’éparpiller ou se disperser. C’est uniquement vers son foyer qu’elle a le regard tourné pour ainsi entretenir la flamme de ce cœur qui ne demande qu’à être aimé.

C’est ici qu’elle va cultiver son jardin intérieur. Et c’est seulement voilée qu’elle a le droit de s’en aller pour chercher des denrées. De quoi nourrir et alimenter son bien-aimé. Lire la suite La femme voilée

Si la vie m’était contée

Si la vie m’était contée…parce que grâce à eux j’ai voyagé, médité, réfléchi sur la vie écrite par d’autres, sur d’autres points de vue, d’autres représentations, d’autres croyances…d’autres vies. Et j’ai aussi été inspirée, guidée, émue, touchée.

Le Sari rose de Javier Moro. J’ai été transportée par cette histoire vraie. L’histoire de cette famille. Le destin de ces femmes, Indira Gandhi (la fille de Nehru) et sa belle fille Sonia. Leur combat pour la vie de ce peuple. Il m’a donné de l’énergie pour poursuivre les rêves qui sont les miens et j’ai été passionnée par la découverte de l’Inde d’aujourd’hui. Sa diversité, sa complexité.

La phrase que je garde :

« Souviens-toi, tout ce qui fait mal rend plus fort. Beaucoup ne la supportent pas, mais un petit nombre de gens grandissent dans la souffrance. Sois fort dans ton corps et dans ton âme et apprends l’endurance ». Indira Gandhi qui écrit à son fils qui est en prison.

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami. J’aime le côté fantastique et imaginaire, la part du rêve et du voyage dans ce conte initiatique. Les liens que je peux tisser avec « grandir et devenir adulte » et les différents personnages qui nous habitent. Lire la suite Si la vie m’était contée

Le marchand de ballons

J’ai toujours été fascinée par le marchand de ballons du zoo. Celui qui est toujours là, à côté de sa petite maison en bois avec ses barbe à papa et son bouquet de beaux ballons qui flottent dans le ciel. Des hauts et des moins hauts, ils me font rêver comme si les attraper pourrait me faire voler.

Pendant de nombreuses années, j’ai entretenu de multiples relations. Toutes ensemble, toutes à la fois et au même niveau, quasiment. Comme une boulimie de l’autre. Comme si m’accrocher à eux me permettait alors de tenir debout. Accrocher à chaque fil et marcher ainsi en équilibre. Un équilibre fragile, précaire dépendant des vents et des tempêtes, du bon vouloir des uns et des autres. Et puis brutalement je suis tombée et certains fils se sont cassés car tous ces fils je ne pouvais plus tenir. Trop lourd, trop nombreux, trop…trop…C’était trop.

Je ne pouvais plus, je n’en pouvais plus. C’est peut-être à partir de ce moment là que j’ai compris que dans une relation il faut être deux. Et que chacun a sa part de responsabilité. Que j’ai besoin de l’autre pour répondre à l’autre bout du fil. Chacun a son bout et la seule partie sur laquelle je puisse agir c’est la mienne. Mon bout. Lire la suite Le marchand de ballons

Fécondité

Elle est devant moi, avec son très gros ventre, à la caisse livraison de mon supermarché habituel. A la taille de son caddie je devine que ce n’est pas son premier enfant.

« – C’est votre combientième ?

– 10ème ».

Silence. Respect Madame.

Le 10ème enfant. L’ainé a 12 ans et le dernier 18 mois. Non ce n’était pas un rêve de petite fille, en se mariant elle en voulait trois. Et puis la vie a fait le reste, enfin presque. Si elle est aidée, oui, juste quelques heures de femme de ménage et une jeune fille au pair. Pas besoin de plus, voyons, les ainés s’occupent des petits.

Encore un peu abasourdie, je la félicite pour cette jolie PME et nous nous quittons.

Quelques temps plus tard, alors que je sens naître en moi une fécondité nouvelle, je repense à cette femme et plus généralement à la fécondité.

Sans doute évidente pour la femme, c’est au cœur de la maternité que cette fécondité vient en général dans un premier temps s’exprimer. Pour le couple aussi comme une nécessité, un besoin de procréer. Comme une évidence et quelque chose de naturel qui vient alors se complexifier quand la vie en a décidé autrement.

Repenser à cette femme soulève chez moi la question de cette fécondité à réinventer. Pour la femme et pour le couple. Alors que parfois il peut-être plus facile pour certaines et pour certains de continuer à procréer ? Car il est vrai que lorsque l’on a trouvé les clés, pour 9 mois c’est régler, et nous savons alors à quoi nous sommes appelés. Lire la suite Fécondité