La fée clochette

Mariages princiers, mariages royaux…ils se précipitent pour être aux premières loges. L’audience est au maximum, ils font la une des journaux des semaines avant, pendant et encore après…On ne parle que de la beauté de la robe de la princesse, du baiser…et chacun rivé devant son poste de télévision se prête à rêver, plongé dans ce conte de fée…le temps d’une journée.

Je n’ai pas besoin de suivre cette actualité pour m’imaginer des contes de fée. Car dans ma maison vit une fée. Ma bonne fée. Elle transforme mes filles en princesses, ma voiture cabossée en carrosse, mes emmerdes en opportunités, la lune en soleil, mes pleurs en sourire…avec sa baguette magique.

Et ce soir elle me fait chier !

Parce que je suis triste, parce que j’ai mal et parce que non, la vie n’est pas un conte de fée. Elle est dure, exigeante, tourmentée et les relations humaines sont compliquées. Et puis finalement cela ne se passe jamais comme prévu, c’est toujours autrement, et ma bonne fée, elle est super, mais elle est aussi super chiante avec ses belles histoires et sa façon de toujours, le quotidien, magnifier.

Parce que des histoires moches il y en a aussi, et qui sont vraiment moches et d’ailleurs il n’y a qu’à allumer son poste de radio ou la télévision pour les entendre et s’en abreuver. Mais ma bonne fée, elle est trop forte…car savez-vous ce qu’elle fait ? Elle n’allume la radio que pour écouter de la musique et danser, et dès qu’il s’agit des infos elle zappe et elle ne regarde jamais la télé…jamais et depuis toujours. Lire la suite La fée clochette

Les éléphants roses

C’est l’histoire d’une famille, d’une tribu.

Une tribu un peu spéciale, celle des éléphants roses.

2… 7… 14… 16…21… 37…54…74…

Imaginez un dortoir de lits superposés, dans un beau châlet en vieux bois couleur chocolat accroché à la montagne et enveloppé d’une épaisse couche de neige. Situé en contrebas d’une forêt, nous imaginons alors le loup roder, au point même d’entendre la neige crisser sous ses pas feutrés.

Il est encore tôt mais il fait déjà nuit noire car en ces jours d’hiver la nuit tombe vite. Nous sommes peu rassurés mais tout à coup nous l’entendons. Ses pas lourds font craquer les planches d’une échelle améliorée qui fait office d’escalier. Vite, vite, taisez-vous ! Il arrive ! Cachons nous !

Et nous glissons sous nos couvertures et nos édredons, tout excités.

Comme chaque soir, il démarre ainsi…il était une fois…l’histoire des éléphants roses…

Il est là, debout. Le silence est absolu. Une main dans la poche, l’autre caressant son large front dégarni puis sa barbe d’un jour grisonnante, il fait les cent pas. D’un pas tranquille et assuré. Au milieu de la pièce entre nos lits superposés.

Nous sommes tout ouïe et j’en ai des frissons. Lire la suite Les éléphants roses

Ma prochaine vie

On devrait vivre la vie à l’envers.

Tu commences par mourir.

Ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie.

Après, tu te réveilles dans une maison de retraite, en allant mieux de jour en jour.
Alors, on te met dehors sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite.
Ensuite, pour ton premier jour de travail, on te fait cadeau d’une montre en or et tu as un beau salaire.
Tu travailles  quarante ans jusqu’ à ce que tu sois suffisamment jeune  pour profiter de la fin de ta vie active.
Tu vas de fête en fête, tu bois, tu vis plein d’histoires d’amour !
Tu n’as pas de problèmes graves.

Tu te prépares à faire des études universitaires.
Puis, c’est le collège.

Tu t’éclates avec tes copains, sans affronter les obligations, jusqu’à devenir bébé.
Les neuf derniers mois, tu les passes flottant tranquille,  avec chauffage central, room service , etc…

Et, à la finale, tu quittes ce monde dans un orgasme !

Ma prochaine vie… par Woody Allen. 🙂

Ma sorcière bien aimée

Petite fille j’avais très peur de la sorcière. Une en particulier que j’avais découverte dans mon beau dictionnaire illustré. Je m’endormais avec cette image qui venait me hanter et me terroriser et que j’avais tant de mal à chasser.

Puis le temps a passé et la sorcière j’ai oublié.

Dans ma maisonnée qui ressemble davantage à un poulailler des règles de vie j’ai instauré. Pour permettre à chacune de se sentir respectée et ainsi de contribuer à la vie de la communauté.

Chacune est alors engagée à participer aux tâches ménagères et à la vie de la collectivité. Un tableau par l’ensemble des poules a été discuté, élaboré avant d’être ratifié.

Pour l’ordinateur un timing j’ai décidé. Après 21heures je ne signe plus aucun cahier, ni aucun papier. Et à ma porte de chambre, elles sont tenues de frapper avant d’entrer.

Les vacances approchent et je sens un certain laisser-aller. Au point que la moutarde commence à me monter au nez. Lire la suite Ma sorcière bien aimée

Le coaching c’est du vent

Je suis en pleine campagne dans un coin perdu magnifique, en train de visiter l’atelier de mon cousin.

Il est « Maître ferronnier ». Quel beau nom ! Je suis charmée. Et également épatée par ce qu’il est en train de me montrer. Il a de l’or dans les mains.

Il fabrique des gloriettes pour orner les parcs des châteaux, des rampes d’escaliers, des balustrades…avec goût et authenticité. Il me montre tous ses outils pour dessiner, couper, tailler, sculpter.

Un art. Et je suis émerveillée.

Je sens alors monter en moi un certain désarroi. Moi qui n’ai jamais rien su faire de mes dix doigts. Qu’est ce que je fais moi ?… Du vent !

Je ne suis pas très enchantée de ma trouvaille ! Comme si cela faisait des années que je cherchais à matérialiser ce que je fais. Que ce soit concret, palpable et que je puisse l’expliquer aisément. Qu’il en reste quelque chose.

Peut-être d’ailleurs ce qui me pousse à écrire ? Comme pour laisser l’empreinte de ce vent quelque part.

Puis tout doucement je me mets à réfléchir sur le vent.

Après tout à quoi sert-il, ce vent ? Lire la suite Le coaching c’est du vent

Confession d’une conversion

La foi n’est pas une croyance, c’est une expérience.

Ce soir, il vient de m’annoncer qu’il me quitte. C’est fini. Oui. Fini. Trois mots qui mettent fin à une histoire de 20 ans. Je me suis mariée à 25 ans pour la vie, et j’ai construit toute ma vie sur mon couple et ma famille. C’était mon foyer, mon ancrage.

Alors, tout s’écroule. Ma vie, mon monde, mes croyances. Je sens le sol se dérober sous mes pieds, je suis perdue et anéantie comme si je venais de me prendre une batte de base ball sur le coin de la tête. Je n’ai rien vu venir ou je n’ai rien voulu voir venir. Il y a un divorce sur deux mais les statistiques ne m’intéressent pas tout comme les moyennes. Le divorce n’était pas pour moi. Je pensais faire partie de ces femmes que l’on ne quitte pas. Quelle arrogance !

Un tsunami.

Je suis au fond de mon lit et mes rendez-vous professionnels des semaines à venir s’annulent les uns après les autres. Comme une main invisible qui a pris les choses en main. Car je ne fais rien. Si, pleurer et me vider.

Pendant plusieurs semaines mon corps réagit violemment et réclame uniquement des compotes de pommes. Comme un pansement elles viennent tapisser un intérieur foudroyé. Sans doute un besoin d’avaler un peu de douceur pour apaiser.

Puis tout doucement quelque part en moi reprends le chemin de la vie…il y a mes 3 filles…et mon chien… et mes clients ! Alors chaque jour je me lève péniblement et je mets un pied devant l’autre, juste pour l’essentiel. Lire la suite Confession d’une conversion

L’exercice du vide

La nature n’aime pas le vide.

Comme un trou béant, une tombée dans un néant…et le besoin alors de le combler voire de l’anticiper pour l’éviter.

Source d’anxiété, de peur ? Je cherche et je m’accroche à tout ce que je peux pour être certaine de bien exister. A la poursuite du faire et de l’action qui viennent alimenter une liste de tâches bien effectuées et ainsi me rassurer.

Cette action sans fin dans cette société où l’on vous demande votre curriculum vitae avant même de vous rencontrer. Un mot d’ordre, une injonction.

Au détour d’un dîner, alors qu’il ne vous connaît pas, la première question qui vient à sa bouche n’est-ce pas « qu’est-ce que vous faites ? » qu’il vous demande, et avez-vous déjà tenté de répondre « rien » ! Alors il se détourne…terrain glissant, malaise, il ne sait pas quoi faire de ce rien entre lui et vous. Lire la suite L’exercice du vide

Tout est bon…

Tout est bon dans le citron, tout est bon dans le thé, tout est bon dans l’oignon…

Alors que nous déambulons dans une librairie, je découvre avec ma soeur de coeur sa nouvelle collection au beau milieu d’un rayon, la sienne avec sa photo dessus ! Quelle belle surprise ! Bien sûr qu’elle savait qu’ils allaient sortir d’un jour à l’autre mais pas là, maintenant, ici.

Alors elle me les offre et je ramène la collection « Tout est bon » à la maison.

L’une comme l’autre nous ne sommes pas des « grandes » cuisinières, il nous faut du « rapide » et « bon ». Que ce soit simple et facile, à trouver pour les ingrédients, et, à faire pour les cuisiner.

Ces petits livres me font alors découvrir les bienfaits de produits comme le citron, l’oignon et le thé…des recettes de grands mères et un champs de possibles que j’ignorais jusqu’à présent. A peine arrivée à la maison, me voilà avec mes princesses en train de tester masque, bain de pieds et beauté des cheveux…d’un autre genre 🙂

Mon budget citron et thé explose ! Mais c’est simple, naturel, bon marché, ludique…et bon pour :  le teint, la peau, la santé et le respect de l’environnement…Bon pour tout quoi ! 🙂

Je peux désormais laver mes carreaux sans me boucher le nez, éviter de me ruiner en crêmes anti-acnéiques, laisser un bon camembert qui « pue » dans mon frigo grâce à mon citron !

Bef, des petits livres sympathiques à laisser trainer sur une table basse ou dans une cuisine, qui ne prennent pas de place, pour un sujet qui en prends beaucoup dans mon quotidien : la cuisine, la santé, la beauté, la maison.

A consommer sans modération !

Virée à 2

Elle et moi, main dans la main. Destination l’aéroport. Pour une escapade de quelques jours. C’est si rare juste elle pour moi et moi pour elle, rien que nous 2. Ma petite fille…qui n’est plus si petite mais tout de même.

Elle a choisi une île de beauté parce que sa meilleure amie lui a dit que c’était beau et que l’on y mangeait bien. Quelle belle idée ! Alors allons-y !

A l’arrivée, j’ai réservé un carrosse. Tout petit. Juste à la taille de nous deux et de nos deux petites valises…pour nous conduire et nous perdre dans les chemins de montagne…mais point trop car la route est sinueuse et le coeur de ma jolie fragile.

Alors nous allons plutôt jouer sur la plage à la marelle, lancer des galets dans l’eau et compter les ricochets ; jouer à chat et courir à en perdre haleine à l’autre bout de la plage pour arriver la première.

Et puis, la regarder déguster pour la première fois une langouste en y mettant les doigts et la moitié de la main ; pouffer de rire en écoutant ses dernières blagues ; partager son lit et me laisser bercer par le rythme de sa respiration pour m’endormir ; la suivre pour grimper rochers et chemins de randonnées et faire demi tour au moment où elle me dit qu’il doit être l’heure d’un goûter.

Que ce fut beau et bon…et si reposant de vivre à l’heure et au rythme d’une petite fille à l’écoute de ses besoins et de ses envies. Merci ma chérie d’avoir ainsi pris soin de moi en m’invitant à partager une virée d’une douce et tendre complicité.

photo : sculpteur Sylvie Derely

Vivre seul

Très jeune déjà j’étais une amoureuse.

C’est seulement à 40 ans que pour la première fois je me retrouve seule et que j’éprouve ce besoin de le rester un temps, alors qu’il peut-être plus facile de me laisser aller à une nouvelle relation amoureuse. Car l’amoureuse est toujours bien là ! ;).

Je me souviens qu’à 20 ans j’avais des rêves de voyage au bout du monde, d’humanitaire, d’émancipation. Et puis, déjà très éprise, j’ai vite tout étouffé pour rester auprès de l’être aimé.

A 30 ans, grâce à la maladie, je découvre que je suis bel et bien seule, et pour toute la vie. Que même en étant deux, en étant aimée et entourée, il n’y a que moi toute seule qui puisse trouver les ressources pour guérir. L’autre, quel qu’il soit, ne peut rien pour moi. C’est à moi seule de traverser et de faire le chemin qui est le mien.

Découvrir peu à peu que je suis ma meilleure amie alors que je suis une adepte de la relation à l’autre, et que j’ai du mal à faire sans. Profiter et prendre du plaisir à être uniquement avec moi-même. Etre seule dans la relation à deux. Lire la suite Vivre seul