Déconfinement de mes seins

De plus en plus de femmes abandonnent le soutien-gorge. /@Pexels

J’ai oublié d’en parler dans mon nouveau livre qui vient de sortir … Zut alors !

Je parle du déconfinement intérieur provoqué par le confinement, de la cure de sébum, du team building familial et professionnel, de ma chèvre Bernadette et de mon chevreau Brutus, de mes poules, avec et sans plumes, de mon coq sans plumes mais avec poils, de mon utérus, de mes parents, de mon potager, de la Terre, de la Lune, de la mort et de la vie, de mes clients, de mes règles, de la migraine ….Et pas de mes seins !
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Pourtant moi aussi, comme beaucoup de femmes si j’ai bien lu, depuis le début du confinement, j’ai dé-confiné mes seins, en arrêtant de porter des soutiens gorge.
Ils adorent ! Mes seins. Sentir le tissu à même la peau glisser, comme une caresse continue au gré de mes mouvements. Plaisir et liberté ! Pour mes seins. Et pour moi.
– « Tu as vu que ton tee-shirt est transparent et que l’on voit le bout de tes seins ? » me dit-il.
– « Oui oui j’ai vu. Cela te dérange ?
– Non. »
Fin de l’histoire.
En fait ce n’est que le début de l’histoire.

Car là maintenant tout de suite je pars faire des courses et je change de tee-shirt. Je n’ai pas envie de montrer le bout de mes seins. Mais peut-être suis-je inhibée ? Coincée ? Est-ce le fruit de mon éducation judéo-chrétienne ? Où il m’est arrivé de me faire traiter de « pute » !…Entendu que ma jupe est trop courte. Que je dois faire attention à mon décolleté provoquant…Si je ne veux pas me faire traiter de nymphomane, de salope, d’allumeuse. Voire même me faire sauter violer et je l’aurais bien cherché !
Non je ne suis pas totalement libre. Non je ne fais pas ce que je veux. Je fais partie d’une société, d’une culture, d’un système. Auquel je participe. Et au sein duquel j’ai une responsabilité. Au travers de ce que je fais, de ce que je dis, de ce que je montre de moi. Et oui tous les matins, depuis sans doute que j’ai des seins, je me pose la question lorsque je m’habille et que je vais sortir de chez moi, comment je m’habille ? En pensant aux hommes que je vais croiser et à ce que ma façon de m’habiller peut provoquer chez eux.
Non je ne mets pas mon tee shirt blanc où l’on voit le bout de mes seins quand je vais travailler, que j’accompagne mes clients, que je n’ai pas envie de me retrouver dans une situation de séduction, que j’ai envie que l’on m’écoute et qu’on ne regarde pas mes seins. Non je ne mets pas mon tee shirt blanc où l’on voit le bout de mes seins, quand je vais faire mes courses au village d’à côté… où je sais que je vais passer devant le bar où tous les hommes, et que des hommes, sont assis à la terrasse pour fumer boire et mâter !
Tout simplement parce que je n’ai pas envie de sentir le regard de ces « gros bœufs » sur mes seins. Excusez moi les « boeufs », vous valez certainement mieux qu’eux ! Ces hommes qui bien entendu ne sont pas « tous » les hommes. A qui je n’ai vraiment pas envie de faire ce plaisir. Ceux qui sont pour moi rester à un état « animal ». Et encore. Peut-être un état en deça. Ces hommes qui ne savent pas faire autrement. Que de « mater » une femme, de la dévisager voire de l’envisager comme un objet consommable. Ces hommes qui sont conduits par leur queue, leur désir, leur plaisir et qui n’en ont rien à faire de nous, les femmes.
Oui je vais faire attention pour éviter de les exciter de les faire bander de me regarder comme une fille à baiser, pour éviter de me faire siffler ou d’entendre des mots inacceptables. Ces hommes dont certains vont s’en tenir aux mots, aux regards. D’autres qui vont passer à l’acte. Harceler agresser voire même violer.
Mais j’ai la chance aujourd’hui d’avoir 50 ans. Et comme cela se dit et se pense sur le « marché » je suis moins consommable, voire même jetable à en croire les critères qui sévissent encore et qui magnifient le siliconé et le rafistolé sous toutes ses coutures. J’ai 50 ans et mes seins commencent à tomber ! Sans doute d’ailleurs que le début. Je ne me fais plus siffler et les hommes dans le métro ne viennent plus se coller se frotter ou se branler contre moi comme il y a 25 ans. Enfin j’ai la paix !
Mais je pense à mes filles. Qui tous les jours se font emmerder. Ou presque. Comme moi il y a 25 ans. Rien n’a changé. Ou presque. Et comme moi il y a 25 ans, elles ont peur.
Oui j’ai appris à faire attention à mes tenues. Et il en est de ma responsabilité. Dans la conscience que j’ai de mon environnement et de la société humaine au sein de laquelle je vis. De la même manière que je fais attention à ma tenue, je fais attention à ce que je dis à ma façon de regarder l’autre, aux messages que j’envoie au travers de mes gestes et de mes comportements. Je connais les hommes, leurs failles et leurs difficultés, pour certains, à contenir leurs instincts primaires. A considérer encore la femme comme un objet de consommation. Une faible à dominer.  Et je n’ai pas forcément envie de me retrouver dans des situations compliquées à gérer. Alors oui je me protège, dans la mesure du possible. Et mes vêtements sont une protection de mon corps. Je choisis quand et à qui je veux montrer le bout de mes seins. Parties de mon corps qui dans notre société de consommation font partie des objets de séduction, de ce qui est érotisé sexualisé.
MAIS MAIS MAIS. Quelle que soit la façon dont je suis habillée, quelle que soit la façon dont les femmes s’habillent. JAMAIS JAMAIS RIEN ne viendra justifier le viol ou toute autre forme de violence, physique verbale et psychologique faite à l’encontre d’une femme. JAMAIS ! Ni sa tenue, ni ses comportements, ni ses mots. RIEN.

Or 20% des Français pensent encore aujourd’hui que des agresseurs devraient bénéficier de circonstances atténuantes si la femme laisse voir ses tétons sous son haut ! 20% de ceux et celles qui ont été interrogés. Un article que je vous laisse découvrir ici paru dans Madame figaro du 23 Juillet qui cite une étude IFOP publiée sur l’abandon du port de soutien gorge le « no bra » mouvement qui s’est développé depuis le confinement. Pour des questions de santé et de confort mais aussi pour lutter contre la sexualisation des seins.

… Régulièrement j’ai juste mon envie de mettre en oeuvre une idée de mon compagnon :
« On devrait couper les couilles de plus de la moitié des hommes sur cette terre ! »
Et c’est pas moi qui l’ai dit !

Une réflexion sur “Déconfinement de mes seins”

  1. Chère madame, je suis aussi une femme, j’ai aussi des seins, beaux aux dires de mon mari et de mes amies, j’ai eu aussi 25 ans, il y a 20 ans, mais je ne me retrouve absolument pas dans votre discours « anti-homme », si je puis le qualifier ainsi !

    Concernant le mouvement « no-bra », d’abord pourquoi un anglicisme ?, ensuite, s’il m’arrive de ne pas porter de soutiens gorge, notamment en vacances, je n’en fais ni une fixation, ni une revendication de quoi que se soit. Ce « mouvement », que je qualifierai volontiers de débile, disparaitra, au même titre que les femmes qui brûlaient ce même sous-tiff en 1968, et qui sont aujourd’hui les premières à les acheter… Personnellement je préfère en avoir un, d’une part pour le confort, d’autre part pour la tenue, aussi car avec je me sens femme (et oui les hommes n’en portent pas !), et enfin, car j’estime qu’au même titre qu’une jupe ou qu’une robe, on ne sort pas dans la « rue » débraillée. C’est une question de respect vis à vis des autres, et vis à vis de soi.

    Concernant la lubricité manifeste, selon vous des hommes. J’ai fait mes études à Paris, et je n’ai jamais eu de problème particulier. Ai-je été sifflé ? Oui, cela m’est arrivé, c’est plutôt flatteur, tant que cela s’arrête là bien entendu. Y a til des goujats et pire des violeurs ? Oui c’est un fait indéniable, depuis que l’humanité existe. Et en France probablement plus depuis quelques années, disons qu’ils sont facile à repérer et que leur culture est différente de la notre comme disent les médias et les magistrats… Donc, personnellement je ne mets pas tous les hommes dans le même panier comme vous le faites. Au contraire, les hommes sont fantastiques, le mien est chef de famille… tout est dit !

    Bref, 20% des sondés (qu’est ce que cela veut dire de sonder 1000 personnes), ont des réflexions à la con… Ok, dont acte… Et ? Vous voulez que l’on parle des neo-féministes, des neo-anti-racistes, des spécistes, et de tous ces « cons » (je ne trouve pas d’autre mot approprié dans le dico…), qui créaient la division au sein de la nation, qui sont prêt à tuer l’autre pour leurs idées nauséabondes, et qui ne cesse d’enseigner la haine, notamment des hommes blancs hétéro et carnivore !!!

    Alors, avec ou sans soutiens gorges, qu’est-ce que cela change, qu’est-ce que vous voulez prouver ? Mais, soyez cohérente et poussez le concept jusqu’au bout, demain, vantez-vous de ne plus porter de culotte, et enfin, stade ultime, osez donc sortir nue faire vos courses, après tout, selon vous c’est l’oppression patriarcale qui vous oblige à vous habiller, non ? Quand je vous dit que tout cela est débile !

    Nous, les femmes, sommes si libres en France, que certaines, en mal de reconnaissance, s’inventent des combats imaginaires, et font de l’homme l’ennemi… Mais voilà, vous ne représentez pas toutes les femmes, loin de là, très très loin…

    Bonne journée,

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