Faire le ménage

Ce week-end c’est décidé, je fais le grand ménage !

J’ai eu le malheur, en allant embrasser mes filles un soir, de regarder sous les lits. Et mon Dieu, qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir des vieilles culottes toutes déglinguées, des chaussettes trouées toutes décolorées…et des moutons de poussières confortablement installés dans chaque recoin. Quelle horreur ! J’ai pris peur, et après une opération poubelle déclarée de toute urgence, j’ai décidé que j’allais persévérer !

Des piles de ça de là, à classer. Des vieilleries, à jeter. Des poubelles, à sortir. Trop de choses encombrent ma maison. Elle est propre, oui, comme ça en apparence, de loin et sans lunettes, mais dans le fond, si je commence à y regarder de près, je me sens asphyxiée ! Avec le besoin d’aller dénicher quelques toiles d’araignées, de la cave au grenier, dans chaque pièce, pour enfin me sentir allégée !

Car, oui, j’ai oublié de préciser, que je n’ai plus de femme de ménage. Certes cela me permet de mettre cet argent ailleurs mais ce n’est pas la vraie raison. Un jour ma femme de ménage est tombée malade alors j’ai pris le relais. Au départ pour quelques temps. Et puis les mois sont passés et elle n’est jamais revenue…Et moi, j’ai commencé à apprécier. Oui oui c’est possible, alors que cela me semblait impossible ! Lire la suite Faire le ménage

Sur mon île

« Je viens d’être seule toute une journée. Seule, allongée sur la plage, le soir, sous les étoiles. J’ai préparé seule mon petit déjeuner. Seule encore, je suis allée jusqu’au bout de la jetée, où j’ai regardé les mouettes basculer, tournoyer et plonger à la recherche des miettes que je leur jetais. Une matinée de travail à mon bureau, puis j’ai pris un déjeuner tardif, seule sur la plage.

Ainsi séparée des êtres de mon espèce, je me sentais proche du reste de la création : de la timide symphémie qui derrière moi se nichait au creux d’un rocher déchiqueté par les marées ; de la maubèche qui devant moi marchait sans crainte à petit pas sur le bord luisant de la plage ; des pélicans qui battaient doucement des ailes au-dessus de ma tête, portés par le vent ; ou de la vieille mouette, tapie dans un coin, qui surveillait l’horizon. Je me sentais avec eux tous une sorte de parenté impersonnelle.

La beauté de la terre, de la mer et de l’air me touchait davantage ; je me sentais en harmonie avec elle, fondue, perdue dans l’univers, perdue comme dans le cantique qui monte d’une foule inconnue sous les voûtes d’une cathédrale.

Oui, dans ma solitude, je me sentais plus proche des hommes eux-mêmes. En effet, ce n’est pas la solitude physique, l’isolement physique qui vous sépare des autres, mais l’isolement spirituel. Une île déserte, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C’est dans les régions sauvages de l’esprit et dans les déserts du coeur que l’on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l’est également à autrui. Si l’on est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j’ai senti qu’un désert s’étendait entre moi et l’autre ! Lire la suite Sur mon île

La nuit

Nos chérubins sont à peine nés que la première question qui se pose assez vite consiste à se demander combien de temps ils vont mettre à « faire leurs nuits ».

N’est-ce pas un sujet récurrent qui vient alimenter les conversations après le poids et la taille ? Comme un concours à celui qui fera ses nuits le plus vite possible, pour enfin laisser papa et maman dormir.

Comme une injonction depuis que nous sommes nés, nous devons « faire nos nuits » ! Et ne pas dormir la nuit n’est pas normal. D’ailleurs il n’y a qu’à considérer le pourcentage de la population française qui consomme des somnifères pour achever de s’en convaincre. Lorsque vous voyez votre généraliste, et que vous lui parlez de votre difficulté à dormir, que vous dit-il ? Après 4 ou 5 questions ou peut-être 6, il vous prescrit selon les cas, anxiolytiques et/ou somnifères…voire anti-dépresseurs. Et avec ce cocktail Molotov, bien assommé, vous allez enfin pouvoir dormir !

Il y a maintenant 10 ans, j’ai été malade et j’ai perdu le sommeil. J’ai passé des nuits à pleurer de ne pas réussir à dormir. A être épuisée de ne pas trouver mon sommeil. J’ai eu droit aussi aux anxiolytiques, aux somnifères et aux anti-dépresseurs et j’ai ô combien remercié la science pour l’aide qu’ils m’ont apportée. Et sans doute étaient-ils nécessaires. Puis grâce à la thérapie, j’ai pu arrêter les médicaments. Mais alors j’avais peur, peur de lâcher mes béquilles pour marcher toute seule. Lire la suite La nuit