Trente jours au désert

Rétrospective Année Sabbatique 2013 – Que fait-on d’une année sabbatique ?

Je suis partie trente jours « au désert ». Trente jours sans portable, sans internet, sans communication avec « mon » monde.

Desert_Neguev_christele_perrotJ’éprouvais alors, un profond besoin de me retrouver seule, pendant une durée « longue », dans un « autre » monde. J’éprouvais le besoin de partir loin, de faire ce tour du monde que je n’avais pas fait à 20 ans. Seulement voilà, j’avais désormais 42 ans, un métier que j’aime, trois filles que j’aime et qui vivent avec moi toute seule, et nulle intention ni envie de tout planter là.

Alors comment concilier à la fois mon désir de femme et ce besoin de couper un temps, et mes responsabilités du moment ? Trente jours, cela me paraissait réaliste, mais pour aller où ? Car je sentais bien aussi que ce n’était pas d’un treck ni d’un voyage « touristique » dont j’avais envie.

C’est alors qu’une amie me souffla « Israël ». Aussitôt dit aussitôt fait, ce sera Israël. Et malgré les peurs d’un entourage et d’une actualité qui cherchent à m’en dissuader, je prends mes billets d’avion. Cette terre m’attire, m’interroge. Je ne la connais qu’au travers d’une actualité connotée et de ce que l’on a bien voulu me raconter.

Mais cette fois-ci je me sens appelée à la « rencontrer », et non simplement à la « visiter ». Ce qui m’amène alors à considérer ce voyage d’une façon singulière puisque je vais l’organiser autour d’un monastère et d’une « Bible sur le terrain » (BST). Un monastère chrétien situé au coeur d’un village musulman adossé au muezzin sera mon lieu de résidence les deux premières semaines. Pour les deux semaines suivantes, je choisis de fouler cette terre dans le cadre d’une « BST », c’est à dire d’une marche au cours de laquelle je vais lire la Bible tout en étant sur les lieux, avec pour toit la voute céleste, pour compagnons de route des inconnus, un car pour transporter sacs à dos, boites de conserves, eau et feu pour nos repas…et me voilà en route pour un corps à corps avec cette terre, Bible en main.

Ainsi, j’allais pouvoir dans un premier temps me « désencombrer » de mon monde en vivant à l’heure de la cloche et du muezzin, du chant des moines et des moniales, entre jardinage, silence, écriture et travaux manuels…Jour après jour me déposer…afin de me préparer à la rencontre. Etre ainsi en mesure d’accueillir, dans un deuxième temps, les mystères d’une petite terre qui renferme, pour moi, les secrets de l’histoire de l’humanité. Un retour à l’origine, aux racines de notre culture judéo-chrétienne qui a façonné, bien malgré nous, nous-mêmes et notre vision du monde. Un retour à « ma » source pour relire ma propre histoire.

Et j’avais sans doute besoin de cette coupure avec les miens pour être en mesure de me relier avec le plus profond de mon être ; retrouver les désirs de mon coeur, ceux que ma raison ne peut comprendre…et que je peux facilement étouffer au nom de mes peurs… dans un monde où il est plus facile de s’abandonner à vivre et penser comme la masse du troupeau plutôt que de se différencier en affirmant sa singularité.

Je suis rentrée, je me sentais décalée. Décalée entre là où j’en étais et la vie que je menais. Mon agenda était chargé et planifié depuis de longs mois et ne me ressemblait plus. Je ressentais une tension insoutenable. Il s’agissait sans doute des dernières contractions pour accoucher un mois plus tard de la décision suivante : « Je prends une année sabbatique en 2013 ».

C’était 9 mois après vous avoir écrit que « Chronique d’une femme prenait une année sabbatique ». Je ne savais pas alors que ces mots seraient prophétiques et que 9 mois plus tard j’accoucherais de ce choix. Un cadeau que j’allais me faire car pour la première fois de ma vie, j’allais m’autoriser à prendre une année juste pour moi, pour être à l’écoute de mes désirs… Ce que je ne savais pas encore…

A suivre…😉

Photo : Désert du Neguev – Israël

5 réflexions sur “Trente jours au désert

  1. Merci Christèle….j’attends avec impatience la suite !!! mais dans ce monde où l immédiateté l’emporte,…tu ferais bien de nous faire patienter…

  2. C’est comme un bon film : on a beau connaitre l’histoire, on se prend a attendre l’épisode suivant comme si on n’en connaissait rien… Merci de faire revivre cette BST si marquante.

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