Le chagrin

LeChagrin_christele_perrot Le chagrin.

Tapi au fond, tout au fond, il était là. Enfoui, profondément enfoui et enfermé derrière une porte blindée.

Car oui, il dérangeait, il ne pouvait se partager et personne n’avait envie d’en entendre parler.

De temps en temps ébranlé, mais jamais suffisamment pour enfin émerger, déborder.

Puis comme foudroyé, la porte fut fracassée et tel un volcan trop longtemps endormi, il s’est engouffré pour pouvoir déferler.

Alors comme un râle venu du plus profond de l’abîme, de violents sanglots trop longtemps étouffés, refoulés, se sont déchainés pour l’innonder, la submerger.

Soif d’exister, d’être écouté, dorloté…Ce chagrin qu’elle ne savait point nommer… Ce chagrin qui lave, putifie, régénère et qui n’en finit plus s’il n’est point exprimé.

A ce chagrin trop souvent oublié, renié. A tous ceux qui se sentent noyés, submergés, je dédie ce billet et ces quelques lignes qui m’ont permis de le nommer tandis que j’étais bouleversée :

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Des Hommes et des Dieux

Des_Hommes_et_des_Dieux_Christele_Perrot Des Hommes et des Dieux. Près de 3 millions d'entrées pour ce film ! Waouh !

N'est-ce pas la manifestation d'une quête et/ou d'une soif pour autre chose, autrement ?

J'ai été très touchée par ce film, ce témoignage remarquable, ce très bel hommage rendu à ces moines, à ces hommes. Il fait écho à la réflexion dont je vous parlais dans le billet concernant le livre d'Henry Quinson qui se trouve être aussi le conseiller monastique de ce film.

Il résonne chez moi à plusieurs niveaux :

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Le livre tibétain de la vie et de la mort

Le livre tibetain de la vie et de la mort_christele_perrot J'ai traversé cette année avec comme livre de chevet "le livre tibétain de la vie et de la mort" de Sogyal Rinpoché.

Comme une Bible…A lire, relire..méditer….

Difficile de vous faire un résumé, voir impossible…j'y ai trouvé des mots pour traduire mon vécu, mes ressentis…pour m'accompagner dans une traversée vers une autre rive…une source d'apaisement, de réflexion, de méditation…

Et c'est ce passage que j'ai envie de vous inviter à méditer aujourd'hui :

"Bien qu'on nous ait encouragés à croire que nous perdrions tout si nous ouvrions la main, la vie, en de multiples occasions, nous démontre le contraire.

Le lâcher prise est, en effet, le chemin de la vraie liberté. Lorsque les vagues se jettent à l'assaut du rivage, les rochers n'en sont pas endommagés. Au contraire, l'érosion les modèle en formes harmonieuses. Les changements, de même, peuvent façonner notre caractère et arrondir ce qu'il y a en nous d'anguleux.

Essuyer les tempêtes du changement nous permettra d'acquérir un calme plein de douceur, mais inébranlable. Notre confiance en nous grandira et deviendra si forte que bonté et compassion commenceront naturellement à rayonner de nous pour apporter la joie aux autres. C'est cette bonté fondamentale existant en chacun de nous qui survivra à la mort.

Notre vie entière est à la fois un enseignement qui nous permet de découvrir cette puissante bonté, et un entrainement visant à la réaliser en nous-mêmes." Sogyal Rinpoché

 

 

Douleur

Demi-deuil1_christelechauchereau
J’ai perdu ma « vieille copine » Florence il y a un mois. Je dis
« vieille » car elle faisait partie de celles que je retrouvais à
chaque fois « comme si nous nous étions quittées la veille » même
après plusieurs années d’éloignement.

Elle aurait eu 40 ans le 22 novembre. Elle s’est battue pendant 2 ans et
demi contre un cancer puis son cœur s’est arrêté.

J’éprouve un grand chagrin, je ressens beaucoup de tristesse. Je sais que sa
mort me renvoie aussi à ma propre mort, à la fragilité de la vie et aussi à Sa
réalité.

Je sens ce combat en moi, entre celle qui « croque » la vie à pleines
dents et celle qui aujourd’hui est dans
la douleur, le repli et avec laquelle « la croqueuse » n’a pas envie
de rester en contact.

Cette épreuve m’invite à visiter ma relation au deuil, ma relation à la
douleur, en utilisant comme grille de lecture les travaux de la psychiatre et
psychologue américaine Elizabeth Kübler-Ross. (Deuil, du latin dolus,dolere « douleur ;souffrir »)

Aujourd’hui j'ai le sentiment de vivre la phase qu’elle qualifie de
« dépression » celle que certains appellent aussi «  la vallée
des larmes
 », cette période de grande tristesse et de repli sur soi…. Et
pourtant je constate aussi ma tendance à me surmener dans l’hyperactivité pour
ne pas ressentir, ce qui ressemble à ce qu’Elizabeth appelle « le marchandage »,
c'est-à-dire « un combat pour ne pas ressentir la douleur et la
recherche d’un compromis avec moi et/ou la réalité ».

A des degrés différents, sur une échelle qui varie en fonction des
situations, j’accompagne en coaching des cadres dirigeants sur ce chemin. En
effet, toute rupture liée à un attachement quel qu’il soit (changement
d’équipe, d’organisation, de poste, perte d’un projet etc…) engendre la douleur
et donc ce processus de deuil. Or, dans l’organisation, je constate que ces
managers n’ont, pour la plupart, pas appris à gérer cette dimension émotionnelle
avec laquelle ils se sentent mal à l’aise. Ils restent bien volontiers dans le
registre de la raison, de la pensée, conditionnés également par
l’environnement de l’entreprise.

Mon rôle consiste alors à leur permettre de faire des ponts entre le
rationnel et l’irrationnel, la raison et les émotions. Prendre contact avec
celles-ci, être en mesure de se connecter à elles pour enfin les accepter et
s’autoriser à les faire VIVRE et être ainsi en mesure d’entendre et de gérer
les émotions
de leurs collaborateurs.

Et pourtant je m’interroge : comment m’est-il possible de les aider à
accueillir leur douleur si j’ai moi-même de la difficulté à rester en contact
avec la mienne ?

MERCI Florence.

Quelle est votre expérience de la douleur, du deuil ?